Automatiser !

Il est annoncé qu’en 2030, les voitures seront devenues autonomes ; plus d’accidents, plus besoin de conduire, votre voiture viendra vous chercher où vous serez et vous conduira où vous le souhaitez… avec éventuellement des « suggestions » d’arrêts à des endroits commerciaux judicieusement référencés pour répondre à un « besoin » exprimé ou prédit par un algorithme « intelligent ». Automatiser est le nouveau mot d’ordre !

La voiture autonome est sans doute perçue comme une issue salvatrice à Uber, alors que cette société californienne court actuellement le risque de voir requalifiés tous les « contrats » avec ses chauffeurs californiens en salariat classique, ce qui induirait un surcoût de 25% à 40% qui remettrait en question une partie de cette nouvelle économie dérégulée.

L’automatisation gagne tout un pan de l’économie et il n’y a que peu de domaines qui semblent pouvoir résister à l’idée de remplacer le travail humain par le travail de machines intelligentes. C’est tantôt une bonne nouvelle, tantôt un peu terrifiant.

Automatiser

Automatiser toutes les tâches du quotidien

On peut imaginer que des robots seront un jour suffisamment intelligents pour faire du ménage chez soi, à moindre coût. On peut imaginer qu’un robot sera suffisamment autonome pour recevoir des livreurs chez soi, des voyageurs ou le technicien internet. On peut imaginer qu’un robot pourra s’occuper d’enfants, de personnes âgées dépendantes, ou bien de votre animal de compagnie. On a encore du mal à imaginer que ces robots feront un procès à leur propriétaire pour obtenir une couverture maladie ou une complémentaire retraite. Ou bien que ces robots vous déroberont des bijoux, après avoir mis une claque à votre enfant et empoisonné votre chat. 🙂

Ces cas extrêmes et rares font certes partie des arguments avancés, mais ne doivent pas néanmoins éluder de vraies questions de fond. Au-delà de l’aspect pratique et potentiellement moins onéreux de cette économie qui tend vers un coût marginal quasi nul (cf. Rifkin1) et zéro défaut, a-t-on intérêt et envie de tout automatiser ? Est-ce souhaitable que la robotisation envahisse toutes les sphères de notre environnement ?

Il y a d’ailleurs des domaines qui ne pourront pas vraiment être automatisés : il me semble que le bricolage nécessite une appréciation et une dextérité difficilement automatisables. Et pour le reste, il faudra un certain temps avant d’atteindre un niveau de service comparable à ce que pourrait fournir une personne humaine, avec son intelligence, sa présence, son discernement et sa sympathie.

Automatiser les relations sociales

La relation dans les services a eu tendance à se détériorer ces dernières décennies, à mesure qu’offreurs et demandeurs se sont éloignés, géographiquement et socialement; les offreurs rejoignant une entreprise et travaillant indirectement – parfois sous contrainte – pour des clients épars, et les demandeurs faisant appel à une entreprise pour résoudre un problème, plutôt qu’à une personne proche de chez eux pour leur rendre service.

Il semble néanmoins qu’un nombre croissant de personnes ont désormais envie de cultiver des relations sociales de proximité pour de petits services. Plus de souplesse dans la nature des tâches à effectuer, de réactivité puisque cette personne habite à deux pas de chez moi, de confiance puisque cette personne travaille également pour des personnes de mon quartier que je connais. Une fois la question de la confiance résolue, une organisation adéquate de l’offre et la demande à l’échelle locale devrait nous permettre de renouer durablement avec les services de proximité entre particuliers.

Jeremy Rifkin, « La nouvelle société du coût marginal zéro »

Alban et Thomas
Alban & Thomas
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