vous avez dit économie collaborative ?

On trouve sur les réseaux sociaux depuis quelques mois quelques sujets qui haranguent particulièrement les foules : le match taxis versus Uber qui aura fait couler beaucoup de pixels, un intérêt découvert et quasi généralisé contre le massacre des animaux, et un intérêt croissant pour l’économie collaborative, la fameuse sharing economy.

L’économie collaborative: une envie de rapports plus directs ?

On sent comme une envie de changement, une envie d’autre chose, de plus d’humanité, de rapports plus directs et émancipés des grandes entreprises qui occupent la scène depuis (trop) longtemps. On dénonce ainsi assez librement les dérives du capitalisme en annonçant même la mort inévitable du « système ». Va-t-on cependant vers ce que l’on peut appeler un « progrès positif » ? La nouvelle configuration est-elle réellement plus humaine, collaborative et profitable pour tous, et notamment pour les offreurs de service ?

L’uberisation ?

On peut lire de plus en plus d’articles déplorer la montée d’une économie dite ubérisée, autrement dit une économie dont les offreurs de service seraient tous en apparence indépendants, mais en fait plutôt contrôlés et standardisés par une maison mère qui tire les ficelles du modèle. Les offreurs de service n’auraient d’indépendant que le statut d’auto entrepreneur, mais en réalité subiraient volontairement la pression du système de réservation pour une réponse rapide comme l’éclair avec le sourire en prime et la pression des utilisateurs pour un service aux petits soins, l’épée de Damocles des notations au-dessus. Le salaire promis est pour l’instant plutôt alléchant mais le nombre d’offreurs augmente allègrement : ce qui fera s’accroître la concurrence féroce et exercera probablement une pression à la baisse sur les prix, réduisant la possibilité pour ces offreurs de service de mettre suffisamment de côté pour leurs vieux jours ou un pépin sur leur parcours. Le risque est donc qu’une concurrence assez néfaste ne s’installe, l’objectif du modèle étant de rassembler un maximum d’offreurs de service afin de garantir une disponibilité maximale aux utilisateurs.

Les utilisateurs deviennent d’ailleurs de plus en plus exigeants et se sont très rapidement habitués à un standard de l’immédiateté zéro défaut. A l’image de Magic, une sorte de conciergerie de luxe à la portée des classes moyennes, dont la promesse repose sur la capacité de fournir tout et tout de suite, quelle que soit la demande, tant que c’est légal.

économie collaborative

Une approche finalement très capitaliste.

Le libéralisme est toujours d’actualité dans cette approche et le modèle capitaliste est toujours bel et bien présent dans cette configuration.

On utilise certes les « nouvelles technologies » et l’ambiance startup donne une impression d’inoffensivité. L’outil de production a changé de forme, il paraît moins grégaire, moins poussiéreux mais n’est pas forcément plus tendre.

Alors, si l’on veut apporter un réel progrès à cette nouvelle économie et réduire les tensions émanant du modèle vieillissant, il faudra tempérer nos attentes et organiser l’offre, de telle sorte qu’elle puisse se développer de manière pérenne et soutenable. Si nous souhaitons véritablement changer de modèle et faire progresser un modèle capitaliste décrié par un nombre croissant de personnes, il faudra accepter de ne pas forcément avoir tout et tout de suite. L’immédiateté n’est pas dans le temps humain mais celui des machines.

Et il faudra aussi que l’offre soit sélectionnée, organisée et régulée pour éviter une bataille acharnée et au contraire favoriser un esprit d’équipe entre des offreurs complémentaires. Ces offreurs restent indépendants, tout en s’appuyant sur une structure humaine locale et motivée et une technologie à leur service.

L’humain est placé au centre de l’offre et porte cette offre. C’est l’ambition que nous portons chez OpenLoge en réorganisant l’économie des services particuliers.

Alban et Thomas
Alban & Thomas
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