Le problème des transports

Un récent sondage de Cadremploi1 montre que de nombreux cadres parisiens expriment l’intention de quitter Paris. Ils seraient 80% à vouloir, au cours des trois prochaines années, prendre le large vers une grande ville de province, Bordeaux en tête. La raison essentielle de cette volonté de départ étant à 70% liée au problème des transports pour aller travailler.

Le problème des transports pour se rendre au travail n’est pas complètement nouveau mais la tendance se confirme, les réseaux sont souvent saturés et nos capacités d’adaptation tendent à s’essouffler.

Télétravail

Pourtant, ce problème est au cœur des préoccupations des acteurs publics et privés – surtout en région parisienne – depuis de nombreuses années. Certains grands acteurs du transport sont même en discussions avec des grandes entreprises pour les inciter et les aider à favoriser le télétravail de leurs employés. En somme, « Messieurs, permettez à vos employés de travailler de chez eux de temps en temps car nous ne pouvons plus assurer leur transport ». Ce que les chefs d’entreprise semblent d’ailleurs de plus en plus disposés à accepter, sous certaines conditions…

Les investissements en infrastructure sont très coûteux, très complexes à mettre en œuvre et appartiennent au temps long. Ils sont nécessaires, mais leur inertie naturelle ne leur permet pas de s’adapter efficacement à l’évolution de la population et des usages dans le temps.

Le problème des transports

Des pistes de solutions ?

Comment envisager une solution pérenne et flexible, permettant de s’adapter à une potentielle nouvelle saturation des réseaux dans 20 ans ? Comment imaginer une solution qui s’adaptera également aux changements des modes de travail et aux attentes des jeunes générations ?

Autrement dit, traiter les symptômes actuels ne permet pas de guérir la « maladie chronique » et ne répond pas très justement au projet à long terme d’un ensemble vivant ne souhaitant pas forcément se développer et se réaliser comme ses prédécesseurs.

On voit ainsi se présenter plusieurs solutions, conjoncturelles et structurelles, et fonction des situations ou ambitions de chacun.

Certains choisissent simplement de nouveaux moyens de transport pour aller travailler – à pied, à vélo, à scooter, en covoiturage, etc. – et contournent le problème. Ou bien décident de partir des grandes villes, quand ils le peuvent.

De plus en plus d’indépendants/free lances quittent leur travail pour continuer à travailler partiellement pour leur ancien employeur, tout en gardant la liberté – et le risque associé – d’accepter ou de refuser les missions qui leur sont proposées.

Le télétravail se développe et permettra de plus en plus à des employés restant en CDI de travailler à distance. Ils conservent leurs avantages de salariés et disposent de plus de flexibilité.

– Le renouveau des structures entrepreneuriales plus petites et occupant des zones moins traditionnellement connues comme des zones de bureaux rebat également un peu les cartes. Les TPE et PME s’installant partout en France ou dans des arrondissements plus résidentiels et « trendy ». On peut imaginer que ce phénomène, s’il est consolidé, permettra une harmonisation partielle de la distribution de l’activité économique en France.

Les nouvelles technologies

Toutes ces solutions, souvent permises par les nouvelles technologies – dans une économie de services – offrent plus de flexibilité et de réactivité dans la mise en œuvre et l’évolution que les seuls investissements en infrastructure. Elles permettent d’adoucir le problème des transports mais répondent également à des envies de changement dans la conception du travail et de son articulation avec une vie personnelle (ré)conciliée.

Enfin, les nouvelles technologies permettent de rationaliser les déplacements professionnels en favorisant des interventions quasi exclusivement locales. Dans le domaine des services aux particuliers, si l’on parvient à drainer suffisamment de demandes locales, les offreurs de services locaux ayant su démontrer leur efficacité n’auront pas besoin de faire des kilomètres pour rendre des services. Cela nécessite un effort de structuration et de régulation de l’offre et la demande à l’échelle locale.

Une « nouvelle » page à écrire, qui envisage des solutions plus systémiques, à la fois complexes à mettre en œuvre et pourtant simples à concevoir.

A bientôt pour un prochain article.

1. Bordeaux, Nantes et Lyon : les villes qui font rêver les cadres parisiens

Alban et Thomas
Alban & Thomas
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