Locavore

Le terme locavore est à la mode depuis quelques années et devient pour beaucoup un mode de vie. Inventé en Californie en 2005, il est la contraction de local et de dévore. On est ou devient locavore lorsque l’on consomme de la nourriture locale… produite à moins de 250 kms.

Locavore et santé

Le premier intérêt de consommer des produits frais locaux concerne notre santé: N’ayant pas voyagé des milliers de kilomètres après avoir été stockés en chambre froide plusieurs jours, semaines – ou même mois pour les pommes hors saison -, les produits sont plus nutritifs et pourvus d’une quantité « normale » de vitamines et minéraux essentiels. Même s’ils sont parfois plus chers, vous pourrez en consommer moins, et vous userez moins l’énergie de votre système digestif pour un résultat métabolique supérieur. Le rendement, c’est ici qu’il se passe, et pas seulement dans le champ !

Le deuxième intérêt concerne le transport et ses conséquences environnementales: Faire parcourir des milliers de kilomètres à des courges que l’on peut trouver près de chez soi est irrationnel. La Ruche qui dit oui apporte une réponse intelligente à ce problème en réconciliant les aspects pratique, bon et rationnel.

locavore

Mais au-delà des ces aspects devenus presque évidents, il est intéressant de garder à l’esprit que la consommation de produits ou de services locaux favorise le développement d’une économie locale diversifiée – et a priori moins standardisée. On entend ici les produits fabriqués ou cultivés localement mais aussi les produits ou services simplement distribués par des échoppes ou personnes locales.

Raphaël Souchier dans son livre Made in Local parle d’un effet multiplicateur de l’achat local. Autrement dit, les achats effectués auprès d’entreprises locales génèrent localement 3 fois plus de richesse, d’emplois, de taxes que les achats effectués auprès d’entreprises nationales ou internationales pourtant implantées localement. Un pourcentage deux fois plus important de l’argent gagné est réinvesti et dépensé localement, ce qui produit un effet multiplicateur (cumulé).

Les impacts socio économiques de nos achats quotidiens peuvent se révéler assez significatifs à long terme. Quelles sont les conséquences de la désertification de certaines zones autrefois très animées dans les centres de villes de province ?

On reconnaît volontiers que nos achats dits irresponsables peuvent avoir des impacts négatifs sur d’autres continents. A l’inverse, les impacts sur son environnement direct d’une consommation relocalisée sont mesurables et patents: plus d’emplois locaux, plus de richesses partagées, plus d’activité, d’animation, de vie, moins d’exclusion ou de personnes isolées, moins de délinquance, etc.

Locavore et petits services

Et « consommer local » ne s’arrête pas aux commerces et artisans locaux. Nous pouvons aussi renforcer le tissu économique local en distribuant une partie de la richesse aux personnes autour de nous. Certains habitants de notre quartier possèdent des compétences, des qualités humaines et une profonde envie de rendre service, mêlée à l’envie de développer du lien social.

Il nous semble essentiel de valoriser ces énergies locales et il est semble-t-il possible et souhaitable de partager plus qu’un espace géographique. S’il est parfois difficile d’envisager de sympathiser avec toutes les personnes de son quartier, il est plus aisé d’imaginer de sympathiser avec quelques commerçants locaux ou des personnes nous rendant des petits services. C’est concret et c’est déjà un début vers plus de lien social.

Il est à parier que cette piste est peut-être une forme simple, efficace et autonome de démocratie participative, à la portée de tous.

Alban et Thomas
Alban & Thomas
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