La loge de la concierge

« Ancienne loge de gardienne à vendre : idéal pied-à-terre ou investissement. Faire vite ». Derrière ce qui résonne comme une opportunité immobilière un peu racoleuse s’esquisse une réalité moins sympathique. La concierge, logée dans l’immeuble, constituait il y a peu encore un formidable « amortisseur de stress ». Néanmoins, il semblerait qu’elle tende à disparaître.

Les petits services de la concierge

Un paquet livré pendant les heures de bureau, des plantes à arroser pendant les vacances, d’énièmes reprises sur le pantalon d’Hector, les chemises de Nicolas à repasser, sortir le chien en pleine journée, obtenir un plat de lasagnes fraîches un lundi soir, régler des petits tracas avec mon évier, s’occuper du petit Jules un vendredi soir… la liste est longue de petits services que ma concierge, son mari et ses enfants étudiants pouvaient me rendre contre une juste rémunération.

Loge de concierge à vendre !

Sans compter le rôle social – parfois décrié ou même risible – que jouait la concierge dans son quartier : de sa loge d’observation, elle exerçait une veille constante sur les tours et détours des petits vilains du quartier et servait à l’occasion de Huggy les bons tuyaux, véritable détenteur du bouche à oreille local.

Disparition de la loge de la concierge

Mais il semblerait que cette noble fonction tende à disparaître inexorablement. Un rôle moins bien tenu qu’autrefois, qui relève peut-être plus du gardiennage que de la conciergerie ? Une charge fixe trop lourde à supporter pour les quelques habitants d’un seul immeuble ? Une envie de ne surtout parler à personne en rentrant chez soi ? Une aubaine pour les copropriétaires d’un immeuble en faillite ? Les concierges partent à la retraite sans succession.

Toujours est-il que ces petits services « annexes » rendaient le quotidien bien moins rugueux. Et l’évidente proximité de la concierge en faisait une candidate imbattable et réactive. Difficile aujourd’hui de réunir de manière cohérente et efficace toutes ces compétences en un lieu proche des habitants sans que le coût ne devienne rédhibitoire. Difficile mais pas impossible…

Alors, si on ouvrait les loges en mode « 2.0 sharing economy and happy local communities »?

Alban et Thomas
Alban & Thomas
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