Travailleurs indépendants

La structure de l’emploi tend à se modifier depuis quelques années. Le télétravail commence à se développer plus sérieusement, le salariat cède de la place au travail indépendant (freelance) et de plus en plus de personnes cumulent plusieurs activités rémunérées. Des études prévoient qu’aux Etats-Unis, il y aura en 2020 plus de travailleurs indépendants que de salariés. Ce qui devrait, selon ces mêmes études, être le cas en 2030 pour l’Europe. Difficile à envisager pour une génération bercée au diapason du sacro saint CDI.

Travailleurs indépendants: instabilité plus ou moins choisie

Cette tendance suscite une forme d’instabilité plus ou moins choisie et maîtrisée : certaines personnes se mettent volontairement dans cette situation afin de gagner en liberté et génèrent même des revenus supérieurs à leur situation antérieure ; d’autres subissent au contraire les effets d’une précarité grandissante à laquelle il faudra proposer des solutions plus rassurantes. Et si l’on est amené à cumuler plusieurs activités différentes, il faudra également disposer d’outils organisationnels efficaces (gestion/optimisation de l’emploi du temps en fonction des missions et de leur rémunération, gestion administrative, gestion des placements pour la retraite, etc.). Nous ne sommes qu’au début de la structuration de cette nouvelle organisation et ne savons pas encore si ce sera pour le meilleur ou pour le pire, et si même cette tendance se confirmera.

Nous pensons en tous cas que, pour une majorité de personnes, les revenus ne seront plus uniquement constitués par le salaire perçu à la fin du mois. En dehors des revenus de placements financiers (pour le livret A, difficile de parler de revenus), des revenus annexes viendront compléter le salaire mensuel pour un nombre croissant de personnes : vente d’objets/vêtements, location de son bien immobilier, de sa voiture, de sa cave, etc., covoiturage, services rendus à des particuliers.

travailleurs indépendants

Multiactivités et revenus complémentaires

On peut penser que ces compléments de revenus cumulés finiront par constituer une part non négligeable du revenu familial. L’allocation de ces revenus supplémentaires sera différente selon les cas : compléter sa retraite, boucler les fins de mois, se payer un voyage ou un restaurant, une nouvelle mobylette, etc. En tous cas, les sources de revenus tendent à se diversifier et deviennent plus horizontales.

Autrement dit, on est moins passifs dans la décision de générer des revenus complémentaires. Il ne s’agit plus seulement de placer ses économies sur un compte rémunéré et d’attendre un résultat souvent bien décevant, ou d’aller travailler tous les jours et d’attendre une augmentation souvent aussi décevante.

Nous disposons tous de ressources et de leviers non négligeables qui peuvent être assez facilement monétisés, à la vente ou à la location/utilisation : nos actifs (immobilier, mobilier, objets), nos déplacements (covoiturage, livraison entre particuliers), et aussi nos compétences (services entre particuliers). Chacun d’entre nous dispose au moins d’un atout (« asset » en anglais, c’est-à-dire un actif) qu’il peut utiliser à bon escient.

Tout en générant des revenus complémentaires, ces activités permettront de développer un lien social avec des personnes de son quartier ou d’ailleurs. Les réseaux sociaux seront de plus en plus un outil pour transformer dans le monde réel un potentiel exprimé et rendu possible grâce aux nouvelles technologies.

Il en va ainsi d’OpenLoge.fr qui rationalise à l’échelle locale les échanges de services entre particuliers, traduisant une volonté de remettre un lien plus direct entre les échanges commerciaux et les relations sociales.

Alban et Thomas
Alban & Thomas

1er mai 2015

Le 1er mai, c’est la fête internationale des travailleurs. Une occasion de se rappeler qu’il y a près de 200 ans, en pleine Révolution Industrielle, la semaine de 48 heures n’a pas été une simple affaire à obtenir. Même les enfants travaillaient jusqu’à 14 voire 16 heures par jour, et les semaines de travail ne comptaient pas moins de 6 jours – le dimanche étant épargné à l’époque.

Épanouissement au travail

Dans les pays industrialisés, les préoccupations autour de la question du travail semblent avoir changé de champ lexical. Le tribut payé par le salarié à son employeur en l’échange d’une stabilité semble de plus en plus lourd à supporter pour un nombre croissant d’individus. Certains rêvent de plus de flexibilité et même d’épanouissement dans leur travail.

D’autres rêvent au contraire d’une situation stable et de moins de précarité. Les contrats de courtes durées – souvent de moins d’un mois – se multiplient et semblent susciter dans leur sillon un changement de paradigme.

 

Un engouement pour l’entrepreneuriat

L’entrepreneuriat au sens large connaît un engouement très prononcé, et semble-t-il con1er mai et muguet chez OpenLoge pour Thomasfirmé par une jeune génération passionnée. De façon plus spécifique, on compte près de 1,5 million d’auto entrepreneurs aujourd’hui en France. Les motivations sont variées : gagner en indépendance, être maître de son destin, donner forme à sa créativité, ou simplement travailler moins et gagner autant, voire plus.

Les profils sont également multiples : jeune retraité auto entrepreneur proposant ses services de bricolage en l’échange de compléments de revenus, graphiste free lance ou diététicienne à temps plein, porteur d’un projet de startup… Il n’est pas rare non plus de voir des personnes occuper concomitamment plusieurs emplois étonnamment assez différents (cuistot/prof d’italien/baby sitter/prof de yoga).

1er mai un (r)évolution continue

Bien des interrogations subsistent – par exemple, comment concilier le minimum de stabilité requis, un cadre structurant et la liberté d’entreprendre – et nous n’en sommes qu’au début d’une nouvelle (ré)vision, sans cesse remise en cause par les évolutions sociales.

Peut-être que le 1er mai nous rappelle simplement que le travail n’est pas un élément figé évoquant un instrument de torture (tripalium) mais un élément structurant d’une société en recherche de sens.

Alban et Thomas
Alban & Thomas