L’esprit « village »

Autrefois, dans un village rural français, l’éducation des enfants était partagée par tous les membres de la communauté. Les enfants étaient certes élevés par leurs parents. Mais tous les aînés avaient un droit de regard sur le comportement des plus jeunes. (Leur légitimité n’était pas vraiment remise en question par les parents, qui au contraire pouvaient se sentir parfois honteux du mauvais agissement de leurs enfants.)

Et l’individu au village ?

Une pression sociale s’exerçait de fait et permettait à tous de vivre ensemble. Cela avait évidemment des inconvénients, qui ont d’ailleurs peut-être conduit à une volonté accrue de liberté et surtout, d’indépendance. Toujours est-il que l’échange était naturel, et chacun participait aux travaux de la communauté (moissons, foins, vendanges). La vie en communauté était rythmée par les fêtes et les cycles naturels, et chacun avait une place dans l’organisation locale.

esprit village

Les grandes villes

Nombre d’entre nous sont assez nostalgiques d’une époque que la plupart n’ont pas connue, comme si cette manière de fonctionner à l’échelle du village était intuitivement plus proche d’une vérité heureuse. Bref, on voudrait réinventer le « bien vivre ensemble », l’entraide, tout en gardant son indépendance et en se mêlant de ses propres affaires, car point trop n’en faut. Compliqué de résoudre cette équation, particulièrement dans les grandes villes.

La méfiance s’y est installée. On ne parle pas beaucoup à ses voisins, on a du mal à accorder sa confiance à un inconnu, même pour quelques échanges verbaux. Alors évidemment, il est difficile ainsi de lever un doute sur un individu ou de nouer des relations vertueuses avec des personnes de son entourage géographique. On préfèrera souvent rester dans sa « zone de confort », son cercle bien établi d’amis et connaissances, quitte à passer à côté de la vie de « village » et de ses avantages. Pas facile en effet de dépasser ce cadre.

Les nouvelles technologies à la rescousse !?

Paradoxalement, les nouvelles technologies devraient permettre de rétablir ce lien social local. « Comment ça ? Mais on peut faire un effort et se parler quand même, sans avoir besoin d’internet, nous ne sommes pas des robots ». Oui, c’est vrai, je suis bien d’accord, mais d’abord il faut restaurer la confiance, et il y a un peu de travail. Alors que l’internet a longtemps permis à des personnes éloignées de rester en contact, elles devront également permettre à des personnes proches géographiquement mais ne se connaissant pas, de prendre contact et de tisser des liens. Les nouvelles technologies peuvent permettre de redévelopper les échanges humains au cœur des villes.

Dans le cas des services entre particuliers, il s’agira d’abord de briser la glace. Permettre le franchissement du seuil de votre porte par un inconnu ne s’accorde pas facilement et c’est compréhensible. J’ai besoin avant d’ouvrir ma porte d’avoir quelques informations concernant la personne qui rentrera chez moi. Je serais également rassuré de savoir ce que les habitants de mon quartier pensent de cette personne (recommandations, avis/commentaires). Et il me semble que je serai encore plus rassuré de savoir que cette personne n’est pas isolée, mais fait partie d’une équipe locale et pluridisciplinaire, dont les membres partagent les mêmes valeurs, chacun conservant son originalité et son indépendance. Une équipe dont les membres s’échangent des services et se fréquentent régulièrement. Chacun des membres devient tour à tour tiers de confiance de l’autre (le bricoleur recommande la baby sitter et la couturière recommande le cuisinier, etc.) et le tout est validé par l’avis de leurs clients, ultimes juges de paix.

C’est la mission d’OpenLoge, remettre l’humain au cœur des échanges locaux. Et pour cela, les nouvelles technologies seront un formidable outil.

Alban et Thomas
Alban & Thomas
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Encore une marketplace !

Encore une marketplace

Une marketplace, en français place de marché, est un lieu dans lequel la demande essaie de rencontrer l’offre … et l’offre la demande. Sur Airbnb, « voyageurs » et « hôtes » se retrouvent, les uns cherchent un hébergement pour leur prochain week-end, les autres proposent leur appartement à la location le temps d’un court séjour. Dans le cas des services entre particuliers, si par exemple l’on cherche un service de garde d’enfants, on se rend sur une plateforme internet de mise en relation au sein de laquelle sont répertoriées toutes les offres de services.

On voudrait idéalement faire ressortir de notre recherche une personne aimable, de confiance, disponible, ayant une expérience éprouvée auprès de nos pairs et proche de chez soi. Autrement dit, on essaie de trouver ce qui autrefois émanait d’un bouche à oreille local, et qui s’est relativement effacé, surtout dans les zones urbanisées.

Marketplace == Volume ?

La recherche sur une plateforme internet fait en général ressortir des dizaines de profils, tous plus aguicheurs les uns que les autres, reconnus par certains utilisateurs comme « géniaux » et dénoncés par d’autres comme « à éviter absolument ». Le choix est ardu. Surtout quand on connaît le modèle économique de certaine de ces plateformes qui consiste – entre autres – à faire remonter en tête de liste les personnes ayant payé quelques euros supplémentaires. C’est le modèle Freemium, c’est gratuit mais si l’on veut avoir une chance d’être visible, il faut payer. Pas très rassurant pour l’utilisateur qui, ne voulant pas passer des heures à choisir – un peu comme devant le rayon yaourts au marchésuper -, ira peut-être s’engouffrer chez le premier venu, pas nécessairement en phase avec ses attentes.

Marketplace et paiement

Lorsque l’on a eu la chance de tomber sur la bonne personne, reste à démêler la question du paiement déclaré. Si cette personne n’est pas auto entrepreneur agrée par la DDTEFP (aïe ma tête), il faudra tenter de comprendre les procédures liées au paiement par CESU, calculer et déclarer le salaire versé pour avoir droit éventuellement à une déduction d’impôts de 50%. On pourrait espérer une assistance des plateformes qui nous ont mises en relation avec ce génial particulier adulée par la foule. Et bien, on dirait plutôt qu’elles ne souhaitent pas s’en mêler. Je les comprends, ce n’est pas chose aisée.

Mais la valeur ne réside-t-elle pas là, dans la capacité à gérer toute la démarche, d’une recherche habile et fluide, à un paiement rapide et une gestion administrative, tout en offrant en prime une assurance en cas de sinistre ? Le tout dans un marché organisé et adapté à la demande, formalisant avec les nouvelles technologies le bon vieux bouche à oreille local. C’est un petit peu ce qu’on essaie de faire avec OpenLoge !

Alban et Thomas
Alban & Thomas
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Se simplifier la vie

Depuis quelques années, les designers ont une motivation principale: nous simplifier la vie. Il s’agit de rendre les choses « Lean » (littéralement sans gras). Je rajouterais fluidifier les choses, faire en sorte qu’elles circulent. Car la con-gestion, comme le nom l’indique, cela ne mène à rien de bon.

Trouver de l’aide pour se simplifier la vie

En général, quand on grandit, la vie se complique un peu. Les responsabilités s’épaississent, la famille se construit, les objets s’accumulent et le travail prend souvent beaucoup (trop) de place. Trouver le bon équilibre et résoudre l’équation qui satisfasse tout le monde est parfois un exercice sportif. Alors on se dit que ce serait bien d’avoir un peu d’aide. La liste peut être longue et rien que d’y penser, mes synapses s’emballent : s’occuper des enfants après l’école et les emmener au tennis mercredi après-midi, préparer un bon repas qui ne soit pas surgelé, promener le chien pendant la journée, attendre le livreur de Darty jeudi matin, remplacer le joint moisi de la baignoire, repasser les vêtements, apporter les chaussures à la cordonnerie, reconfigurer mon PC qui rame, débarrasser la cave, etc.

se simplifier la vie

Comment trouver les bonnes personnes ?

Mais tout se complique encore un peu plus dans ma tête : comment trouver les bonnes personnes pour m’aider ? Existent-elles d’ailleurs ? Combien cela va-t-il coûter ? Comment vais-je gérer les démarches administratives ? Comment bénéficier des avantages fiscaux ?

Pourquoi, dans un monde connecté et plein de talents, ne peut-on pas trouver une réponse facile, économique et locale à tous ces besoins ? La situation idéale ne serait-elle pas :

  1. Je m’inscris gratuitement à la Loge de mon quartier.
  2. Je retrouve tous les offreurs de service sélectionnés et notés par les habitants de mon quartier. Leurs tarifs sont attractifs et ils habitent à proximité de chez moi !
  3. Je les contacte directement, je vérifie leurs disponibilités et je commande facilement ma prestation en ligne.
  4. Je paie directement en ligne.

Mes démarches administratives sont gérées par OpenLoge et m’ouvrent droit à une économie d’impôts.

C’est plus simple maintenant, non ? Qu’en pensez-vous ?

Alban et Thomas
Alban & Thomas
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

Fixer un miroir au mur

Fixer un miroir au mur… Facile !

Mon bon copain Joseph est venu samedi dernier pour m’aider à fixer un miroir au mur. L’idée de faire des trous dans le mur me rendait particulièrement irritable.

Bref, Joseph allait régler tout cela avec brio. Pour l’encourager, je lui préparai un bon Bœuf bourguignon. J’ouvrai même une bonne bouteille de Bourgogne, un Chambolle Musigny.

« Le bricolage, cela ne fonctionne jamais comme prévu »

Joseph me rassure sur l’extrême simplicité de la tâche à accomplir et je lui sers joyeusement une rasade de mon bon nectar. Le vin, c’est mon domaine, mais le bricolage, cela ne fonctionne jamais comme prévu. A la suite de multiples désenchantements, je m’étais égaré il y a deux ans à vouloir faire un trou dans le mur afin d’accrocher le porte papier toilette. J’imaginais déjà la situation avec ma copine:
« Ah, tu as fixé le truc des toilettes ? »
« Ah quoi, le porte papier inox, ah oui j’ai fait ça rapidos après avoir débouché l’évier et révisé la barre de seuil. Tu as passé une bonne journée sinon ? »

Mais en fait, cela ne s’était pas du tout passé comme ça. Et le début de trou dans le mur était devenu un sujet de gausserie pour tous les copains qui passaient par là. Certains en profitaient pour y glisser des petits mots de lamentations.

Bref, entre la honte d’avoir deux mains gauches et de ne pas être le « bon bricoleur comme beau papa », je me suis résolu à faire appel à une personne qui maîtrise vraiment le sujet. Joseph était l’homme de la situation. Les ingénieurs savent tout faire, non ?

« Mince! C’est un mur porteur… »

Bien détendu par le Chambolle, je nous invite à boucler la tâche avant un petit café. Joseph, toujours sûr de lui, fixe la mèche, repère les points de perçage, et commence à serrer les dents et à crisper son visage – cela fait partie du cérémonial.
« Mince, c’est un mur porteur ».
Le bœuf bourguignon est sidéré. Comment n’avait-il pas vu ça avant ? C’est son domaine, mince !
« Euh… t’es sûr ? »
« Ah ça oui, et en plus je n’ai pas les bons forêts. Va falloir en acheter, il faudra des forêts béton de 10 de Leroi Malin, ceux de Castoyapa ne sont pas assez solides. Ecoute, je ne vais pas avoir le temps, il va falloir que je repasse. Si tu veux, je passe la semaine prochaine vers midi. En tous cas, merci pour le déj, c’était super bon ».

Entre l’envie d’auto dérision et la nécessité devenue vitale de trouver une solution rapide à ma double pathologie, le Chambolle m’offre un rêve étrange : Et si j’avais simplement accès, à deux pas de chez moi, à une personne qui, sans présomption mais avec efficacité, pourrait être ce bon bricoleur que je ne serai jamais ?

fixer un miroir au mur

Alban et Thomas
Alban & Thomas
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn

La loge de la concierge

« Ancienne loge de gardienne à vendre : idéal pied-à-terre ou investissement. Faire vite ». Derrière ce qui résonne comme une opportunité immobilière un peu racoleuse s’esquisse une réalité moins sympathique. La concierge, logée dans l’immeuble, constituait il y a peu encore un formidable « amortisseur de stress ». Néanmoins, il semblerait qu’elle tende à disparaître.

Les petits services de la concierge

Un paquet livré pendant les heures de bureau, des plantes à arroser pendant les vacances, d’énièmes reprises sur le pantalon d’Hector, les chemises de Nicolas à repasser, sortir le chien en pleine journée, obtenir un plat de lasagnes fraîches un lundi soir, régler des petits tracas avec mon évier, s’occuper du petit Jules un vendredi soir… la liste est longue de petits services que ma concierge, son mari et ses enfants étudiants pouvaient me rendre contre une juste rémunération.

Loge de concierge à vendre !

Sans compter le rôle social – parfois décrié ou même risible – que jouait la concierge dans son quartier : de sa loge d’observation, elle exerçait une veille constante sur les tours et détours des petits vilains du quartier et servait à l’occasion de Huggy les bons tuyaux, véritable détenteur du bouche à oreille local.

Disparition de la loge de la concierge

Mais il semblerait que cette noble fonction tende à disparaître inexorablement. Un rôle moins bien tenu qu’autrefois, qui relève peut-être plus du gardiennage que de la conciergerie ? Une charge fixe trop lourde à supporter pour les quelques habitants d’un seul immeuble ? Une envie de ne surtout parler à personne en rentrant chez soi ? Une aubaine pour les copropriétaires d’un immeuble en faillite ? Les concierges partent à la retraite sans succession.

Toujours est-il que ces petits services « annexes » rendaient le quotidien bien moins rugueux. Et l’évidente proximité de la concierge en faisait une candidate imbattable et réactive. Difficile aujourd’hui de réunir de manière cohérente et efficace toutes ces compétences en un lieu proche des habitants sans que le coût ne devienne rédhibitoire. Difficile mais pas impossible…

Alors, si on ouvrait les loges en mode « 2.0 sharing economy and happy local communities »?

Alban et Thomas
Alban & Thomas
Share on FacebookShare on Google+Tweet about this on TwitterShare on LinkedIn